Je ne sais pas dire non !

S’affirmer sans blesser pour retrouver l’équilibre dans ses relations

  • On craint de déplaire.

  • On redoute d’être impoli.

  • On a peur de blesser.

Alors, bien souvent, même quand quelque chose ne va pas, on se tait.

Ce paradoxe, vous l’avez peut-être déjà vécu : alors que vous vous retenez par délicatesse, la personne en face a déjà coché toutes ces cases

  • Elle a eu un comportement ou des paroles qui vous ont déplu,

  • Elle a manqué de politesse,

  • Elle vous a peut-être même blessé·e.

S’affirmer n’est pourtant pas synonyme d’agresser.

L’affirmation de soi est une compétence relationnelle précieuse : elle permet de respecter vos besoins, tout en respectant ceux des autres.

Dans cet article, je vous propose d’en comprendre les bases, d’explorer pourquoi il est si difficile de s’affirmer et de découvrir des pistes concrètes pour retrouver l’équilibre.

L’affirmation de soi, aussi appelée assertivité, est la capacité à exprimer ses pensées, ses besoins et ses émotions de manière claire, directe et respectueuse.

C’est une posture intermédiaire entre deux extrêmes :

  • La passivité : je me tais, je me plie, je mets toujours les besoins des autres avant les miens.

  • L’agressivité : je m’impose sans considération pour les autres.

L’assertivité, concept introduit en psychologie comportementale par Joseph Wolpe dans les années 1950, se définit comme « la capacité à défendre ses droits sans empiéter sur ceux d’autrui ».

C’est donc l’art délicat d’oser dire “je” sans s’excuser d’exister.

Pourquoi est-ce si difficile de s’affirmer ?

Si l’affirmation de soi paraît simple en théorie, elle se heurte à de nombreux freins intérieurs :

  • La peur de déplaire : l’envie de maintenir la paix, parfois au prix de soi.

  • La crainte d’être impoli : une éducation qui valorise le “sacrifice” ou la discrétion.

  • La peur de blesser : confondre affirmation et dureté.

Ces freins s’appuient souvent sur des expériences passées douloureuses. Certains “petits traumas” du quotidien, répétés, installent la conviction qu’il vaut mieux se taire (voir : Petit trauma, grandes conséquences).

Pourtant, ne pas s’affirmer a un coût : frustration, ressentiment, voire anxiété chronique

« S’affirmer, c’est réapprendre à habiter sa voix comme on habite sa maison :

avec simplicité, avec dignité, avec chaleur. »

Trois étapes concrètes pour commencer à s’affirmer

  • Prendre conscience
    Observez vos réactions : à quels moments ravalez-vous vos besoins ? Dans quelles situations la peur de déplaire prend-elle le dessus ?
    Un exercice simple : à chaque fois que vous dites “oui”, demandez-vous si c’est vraiment ce que vous souhaitez.

  • Formuler avec calme
    S’affirmer, ce n’est pas hausser le ton. C’est poser ses limites avec clarté.
    Exemple : remplacer “Tu exagères !” par “Je préfère qu’on se parle différemment, sinon je me sens mal à l’aise.”

  • S’exercer progressivement
    Commencez petit : exprimer un avis léger, dire “non” à une demande mineure, donner votre préférence pour un film ou un plat. Ces petits pas entraînent le muscle de l’assertivité.

    Si vous en ressentez le besoin, faites-vous accompagner pour apprendre à vous affirmer. Un cadre sécurisant comme une promenade thérapeutique (voir : Le walk & talk à Saint-Brevin) peut aussi faciliter l’expression.

L’affirmation de soi et la régulation émotionnelle

S’affirmer, ce n’est pas seulement trouver les bons mots : c’est aussi accueillir ses émotions.

Quand la peur ou la colère surgissent, il est difficile de rester dans l’assertivité. Les techniques de respiration, de sophrologie ou d’ancrage peuvent vous aider à rester centré·e.
La métaphore du ballon de plage qui remonte à la surface malgré vos efforts pour le retenir illustre bien ce processus : plus on tente d’enfouir, plus ça revient fort !

Apprendre à s’affirmer, c’est aussi apprendre à laisser ses émotions exister, pour les exprimer avec plus de justesse.

Vos questions fréquentes sur l'affirmation de soi

Comment s’affirmer sans être agressif ?

En parlant en “je” plutôt qu’en “tu”. Décrire vos besoins ou vos ressentis ne met pas l’autre en accusation, mais ouvre un espace de dialogue.

Je culpabilise dès que je dis non. Est-ce normal ?

Oui, c’est fréquent. La culpabilité est le signe d’une habitude bien ancrée à privilégier l’autre. Avec la pratique, ce sentiment s’allège.

Et si l’autre réagit mal ?

Vous n’avez pas le contrôle sur les réactions d’autrui. Mais vous pouvez rester ferme et calme. S’affirmer, c’est prendre soin de soi, pas dominer l’autre.

Pour aller plus loin

  • Éric Schuler, Comment s’affirmer – l’assertivité au quotidien (1992) : un classique francophone.

  • Randy J. Paterson, The Assertiveness Workbook : un manuel pratique issu des TCC, riche en exercices concrets.

Ces lectures peuvent être de précieux compléments si vous souhaitez approfondir.


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