Face à un problème, le premier réflexe est souvent d’ajouter quelque chose pour le résoudre.
Pourtant, une autre option existe : enlever.
Ce biais d’“ajout” peut nous amener à compliquer ce qui pourrait être simplifié.
Dans beaucoup de situations, le soulagement vient moins du “plus” que du “moins”.
Une question utile : qu’est-ce que je pourrais enlever pour respirer davantage ?
Quand un problème apparaît, notre premier réflexe est souvent d’ajouter quelque chose pour le résoudre :
Plus d’outils.
Plus de méthodes.
Plus d’efforts.
Plus de solutions.
Comme si la réponse devait forcément être du côté du “plus”.

Autrement dit : nous voyons plus facilement ce que nous pouvons ajouter que ce que nous pouvons enlever.
C'est ce qu'on appelle le biais d'addition !
Ce biais ne reste pas dans les laboratoires. Il se retrouve dans nos vies très concrètes.
Quand nous sommes fatigués, stressés ou débordés, notre premier réflexe est souvent :
ajouter une nouvelle organisation
ajouter une nouvelle méthode
ajouter une nouvelle routine
ajouter une nouvelle discipline
ajouter une nouvelle contrainte “positive”
Comme si la solution à la surcharge était… encore plus de charge.
Rarement on pense qu'on pourrait aussi :
enlever une obligation
simplifier un agenda
retirer une attente
diminuer une pression
supprimer ce qui n’est plus nécessaire
Ce biais est particulièrement intéressant parce qu’il peut produire l’effet inverse de celui recherché.
À force d’ajouter :
des tâches
des injonctions
des habitudes
des “il faut”
on complexifie ce qui, au départ, demandait surtout de la clarté.
Et parfois, ce n’est pas la solution qui manque… c’est l’espace.
Dans de nombreux cas, la question la plus efficace n’est pas :
“Qu’est-ce que je peux ajouter pour aller mieux ?”
Mais plutôt :
“Qu’est-ce que je peux enlever pour respirer mieux ?”
Cela peut concerner :
des attentes irréalistes envers soi-même
des comparaisons permanentes
des engagements pris par automatisme
des rythmes qui ne respectent plus l’énergie disponible
des habitudes qui rvous ont aidé·e à un moment mais qu'aujourd'hui vous pouvez laisser tomber
1. Un ordinateur saturé
Quand il ralentit, on pense à ajouter un logiciel de nettoyage…
Alors que parfois, la solution est simplement de fermer des onglets.
2. Une pièce encombrée
On achète des boîtes de rangement…
Alors que le problème vient souvent de ce qu’on garde inutilement.
3. Une valise qui ne ferme pas avant de partir en voyage
On achète une valise plus grande ou on réserve un bagage supplémentaire...
Alors qu'en y regardant de plus près, il y a plein de vêtements et de chaussure dont on n'aura pas réellement besoin et qu'on peut enlever de la valise.
Il n’est pas question de choisir entre ajouter ou enlever de manière absolue.
Mais de rééquilibrer notre réflexe.
Et peut-être de se demander plus souvent :
“Est-ce que j’ai vraiment besoin de quelque chose en plus… ou de quelque chose en moins ?”
💡 Vous pouvez lire
Votre cerveau vous joue des tours d'Albert Moukheiber, chercheur en Neurosciences et psychologue clinicien.
Le Paradoxe du Choix de Barry Schwartz, professeur de psychologie sociale au Swarthmore College de Pennsylvanie.
Non. C’est une stratégie cognitive efficace dans de nombreux contextes. Le problème apparaît quand il devient automatique et empêche d’envisager d’autres options.
Parce que c’est plus visible, plus concret et souvent perçu comme une action “positive”.
Souvent, oui : ajouter peut donner l’illusion de mieux faire sans remettre en cause l’existant.
Ça peut aussi venir de comportements anxieux.
Sources de l'article :
Adams et al. (2021), Nature — Additive bias in problem solving
Fischer et al. (2021), Frontiers in Psychology — “More Instructions Make Fewer Subtractions”
Campbell (2008), Memory & Cognition — “Subtraction by addition” strategies
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